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« le: 15 Mars 2006, 04:43:10 » |
La poésie tamazighte
Le compte rendu de lecture
Afgan zund Argan, de FARID Mohamed Zalhoud (Volubilis, juin 2004).
FARID Mohamed Zalhoud est né en 1959 dans un village Aday - Tafraout au sud du Maroc dans une famille modeste.
Il est professeur de français au lycée Atlas, il est aussi poète. il a écrit son premier recueil de poèmes en français en 2001 intitulé : Parole de Paria. il a également un autre texte poétique : Ultime Poème qui est en cours d’édition au Canada.
plusieurs récompenses et prix ont couronné sa carrière artistique et témoignent de son talent d’artiste travaillant sans relâche. En effet, c’est avec beaucoup d’application et de passion qu’il manie la langue pour en faire quelque chose de beau. Sa thématique est liée au grands sujets universels comme l’injustice, la souffrance et la misère. Une autre thématique domine sa production littéraire celle de la cause amazighe.
Son dernier recueil de poèmes en berbère « Afgan zund Argan » qui est publié chez Volubilis en Belgique s’inscrit dans sa lutte pour la reconnaissance et la réhabilitation de la langue et de la culture amazighes. Il constitue un livre de poésie berbère où le poète (Amdyaz) déclame ses textes poétiques :
Ala layla lalad aylala lala lali
Tamazgha taddart izilen ighwman Tifinagh
Tamazight ils n iqburen ur akkwen neffal
Taderfiyt d izerfan ufgan af ra nemmagh
Amazigh gight ar adif ur at nessental.
Le poète s’engage volontairement à défendre sa langue et sa culture tamazighte en la parlant, en l’écrivant et en l’explorant afin de faire découvrir au grand publique une très grande civilisation berbère de plusieurs milliers d’années.
En composant cet ouvrage, le poète vaudrait rendre hommage à ses ancêtres, ses maîtres, ses penseurs, ses écrivais, ses artistes, hommes et femmes de conditions très humbles.
L’appartenance à un groupe ethnique doté de sa langue qui n’a pas jusqu’à maintenant la place qu’elle mérite pousse le poète à militer afin de réhabiliter la situation de la culture tamazighte et de lui rendre tous ses droits : linguistique, culturel, civilisationnel...
Afgan zund Argan est considéré comme un cri de l’Atlas très riche au niveau de la signification, c’est un titre impressionnant car le poète relie deux champs lexicaux : l’humain et le végétal et établit entre eux une comparaison qui suscite plusieurs interprétations. (L’Homme comme l’Arganier).
Le rapport entre le comparant et le comparé réside dans le sens de la persévérance, la consistance, la résistance, la dureté, l’inflexibilité, la rudesse...
C’est l’homme Amazigh dominant les montagnes de l’Anti-Atlas, celui qui résiste comme l’Arganier, l’arbre symbolique du sud, et qui aime ses traditions, ses habitudes et son histoire.
Ce sont des éléments qui font partie du quotidien du poète et sans lesquels sa raison d’être cesse d’être. Des éléments qui inspirent le créateur et lui donnent matière à penser, à réfléchir, à créer de belles choses. C’est la poésie, c’est le chant.
Par Driss AMRI, Tafraout
source: le journal Le monde Amazigh / aghmiss n Amadal Amazigh Février 2006/2956
AFGAN ZUND ARGAN. Prix : 10euros en vente sur www.asays.com/boutique